Le lieutenant Fourny : du 15e RIT au 141e RIT

A la dissolution du 15e RIT le 28 février 1918, 95 hommes dont les capitaines Despaux et Maury, les lieutenants Bernard, Desallais, Kornmann, Loys et Fourny sont transférés au 141e RIT. Jean Fourny reçoit son affectation alors qu'il est en convalescence à l'hôpital Buffon à Paris. Relatons les circonstances de ses blessures.

Le 6 décembre, raconte le JMO de la 17e DI, une reconnaissance du 90e RI tente un coup de main sur l'oseraie situé au Nord de la corde de l'arc de Montreux. Les hommes recouverts de cagoules blanches pour se confondre avec la neige sont accueillis par une fusillade nourrie de l'ennemi, et ne peuvent progresser.
Dans la nuit du 5 au 6 décembre, le 2e bataillon du 15e RIT relève dans le CR de Neuviller le 1er baton du même régiment. Perte : Lieutenant (Jean) Fourny de la 1ère cie de mitrailleuses blessé par éclat d'obus.
Dans le dossier de la Légion d'honneur de Jean Fourny se trouve le témoignage de trois autres soldats certifiant la blessure du lieutenant.POLLET Léon, Sergent, DERMIGNY Alexis, et FOURNIER Jules.

"[…]le cinq décembre mil neuf cent dix sept à Treize heures trente minutes a été blessé à la jambe droite, main droite et au bras gauche par éclat d'obus. dans les circonstances suivantes : alors que parti de son P.C se rendant, pour donner des instructions au poste de Mitrailleurs N° 84 (Neuviller Eglise Meurthe & Moselle) il fut atteint par les éclats d'un obus de gros calibre". Fait en campagne le 6 décembre 1917."

Le Major Temporal alors au 15e RIT ajoute :" Nous soussignés TEMPORAL Michel médecin Aide major de 1er cl. Certifions que Mr le Lieutenant FOURNY Jean le cinq décembre mil neuf cent dix sept a présenté les plaies suivantes :
  • 1e plaie du mollet D
  • 2e plaie du bras G
  • 3e plaie très légère du pouce D
    En campagne le 6 décembre 1917 - Le Médecin Dr M. TEMPORAL

    Citation à l'ordre de la 17e division de Jean Fourny : "Officier mitrailleur dévoué. A su par son calme et son esprit de décision préserver la vie de ses hommes. A été grièvement blessé le 5 décembre 1917, lorsque dirigeant un tir indirect, sa section fut instantanément prise sous le feu de l'artillerie adverse." Le 2 2 1918 - Le Colonel de Riencourt. Pour Copie Conforme Le lieutenant-Colonel Souillard du 15e Territorial.

  • Le Major Temporal du 206e RI vers le 15e RIT

    La vie singulière de ce médecin devenu maire, après guerre, à Saint-Rambert-en-Bugey, près de Lyon, mérite de s'attarder. Il fut fusillé lors de la seconde guerre mondiale, par les allemands, lors d'une opération de représailles, après le sabotage d'un train et l'attaque d'une patrouille allemande dans la ville de Saint-Rambert. Douze otages sont mitraillés dont Michel Temporal.


    Le major Temporal est dans le secteur de Neufviller fin 1917, au moment de la blessure du lieutenant Fourny.

    Cité à l'ordre de la division - Juin 1918
    "Médecin extremement dévoué ayant une très haute idée du devoir, le 12 juin 1918 pendant une préparation d'artillerie ennemie, est resté une demi-heure sous pluie d'obus toxiques et explosifs pour soigner les blessés non transportables. A fait l'admiration de tous par son calme, sang-froid, son dévouement absolu."

    Cité à l'ordre du 260e RAC février 1919
    "Médecin d'un dévouement absolu, le 8 novembre 1918, accompagnait un chef de groupe et un commandant de batterie jusqu'au première lignes. A suivi l'infanterie dans un mouvement en avant encourageant les hommes et les entraînant par son exemple."

    Source : dossier Leonore. JMO de la 17e DI.


    Henry et le major Temporal se sont peut être croisés : tout deux sont passés au 206e RI, et les cies du 15e et du 141e RIT se relaient en Lorraine près de Badonviller. A suivre également la discussion sur le site pages 1418 concernant les lieutenants Valmier et Huet du 15e RIT.

    L'excellent travail de Bachamois a permis de retracer le destin du lieutenant Valmier, mort accidentèlement avec son épouse après guerre. Comme dit Rutilius "Ironie du sort : après avoir échappé durant toute la guerre à la mitraille, meurt accidentellement dans son lit!"